La CFTC entend répondre aux sollicitations de l’État pour construire des garanties sociales face à la concentration du secteur

13 mai 2026 Télécoms

Reçue au ministère de l’IA, du Numérique et des Télécommunications, notre délégation CFTC Media+ a été explicitement sollicitée pour contribuer à la construction des garanties sociales que l’État demandera aux trois acquéreurs potentiels de SFR (Orange, Bouygues Telecom, Free).

C’est une reconnaissance du rôle des organisations syndicales dans un processus qui s’annonce décisif et la CFTC y est clairement identifiée comme un acteur actif et essentiel.

Elle appelle à un travail interministériel, garant de la prise en compte des intérêts des salariés et a été confortée sur ce point. Les contacts sont pris avec les autorités de Bercy et du ministère du travail.

Une ligne claire : l’emploi d’abord

Alors que le secteur pourrait passer de 4 à 3 opérateurs, la CFTC le réaffirme : elle n’est pas opposée à une consolidation, mais refuse qu’elle se traduise par une casse sociale, avec une exigence simple : zéro salarié laissé sans solution.

Un risque réel de démantèlement social.

Le projet de reprise de SFR par morceaux fait peser des risques majeurs :

• Suppressions d’emplois
• Fragilisation des sous-traitants
• Pression sur les salariés et les filiales de tous les acteurs

Olivier LOUISE l’affirme « cette transformation sera acceptée si elle se fait avec les salariés, et non contre eux. Les acquéreurs ne peuvent pas agir en acheteurs à la découpe sans responsabilité sociale. »

Si l’État ne décide pas de l’opération industrielle, il doit assumer pleinement son rôle et être garant du cadre social.: fixer les règles et exiger des engagements sociaux forts.

La CFTC demande notamment :

• Une priorité absolue à l’emploi, en accord avec le message porté par la Ministre Anne le Hénanff
• L’absence de licenciements contraints liés aux restructurations
• Un socle social commun pour tous les salariés concernés
• La limitation des délocalisations trop largement pratiquées dans notre secteur
• La prise en compte des sous-traitants et la clarification du devenir des opérateurs exclus de l’accord de rachat notamment dans les outre-mer.

Afin d’anticiper plutôt que subir, avec un calendrier qui s’étalera sur plusieurs années, la CFTC appelle à :

• Fixer un agenda de discussions associant en transparence les représentantsdu personnel
• Mettre en place un observatoire du processus
• Construire des garanties dans la durée sur plusieurs années

Une transformation sous conditions :

Anne Chatain résume la rencontre « La CFTC prend acte de la volonté du ministère d’engager ce travail et y contribuera pleinement. Nous proposons une méthode claire : anticiper, encadrer, suivre. » Elle ajoute que ce rendez-vous en appellera d’autres avec une prochaine étape importante lors du dévoilement de l’accord de rachat du consortium.

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