Interview de Nathalie Venot et David Vincent

23 juillet 2026 Fédération

Si vous deviez résumer votre parcours et votre métier en une phrase… aujourd’hui vs vos débuts, ça donnerait quoi ?

  • Nathalie Venot : Résumer plus de 25 ans de carrière en une phrase est difficile. Il s’est passé beaucoup de choses. J’ai fait l’essentiel de mon parcours dans la même entreprise, avec des évolutions et des changements de métier. Par moments, c’était presque comme changer d’entreprise. Je ne me suis jamais ennuyée, et c’est toujours le cas aujourd’hui. J’ai compris qu’on construit son poste. En une phrase : le temps est passé vite et j’ai toujours appris.
  • David Vincent : Aujourd’hui, je suis UX designer : je travaille à l’amélioration ou à la conception des outils de l’entreprise. Je suis donc au service des collaborateurs de l’entreprise. Comparer mon activité actuelle à mes débuts professionnels m’est difficile étant donné que j’ai été amené à exercer plusieurs métiers dans le passé. En revanche, ce que je peux affirmer, c’est qu’un parcours est fait de rencontres et d’opportunités mais aussi d’une forte dose d’adaptabilité.

À quoi ressemblait concrètement votre travail au début de votre carrière (missions, outils, rythme) ?

  • Nathalie Venot : J’ai commencé dans la validation de logiciels métiers. Les outils bureautiques existaient déjà, mais nous étions moins connectés. Le rythme et l’organisation étaient assez proches d’aujourd’hui. Ce sont surtout les outils qui ont évolué. Par exemple, Teams remplace de plus en plus les mails. Les relations de travail ont aussi changé avec ces nouveaux usages.
  • David Vincent : J’ai intégré TF1 en CDI, j’ai longtemps travaillé pour l’antenne. Le rythme était lié à la diffusion quotidienne. Le timing pouvait donc être très serré entre la réception d’un programme et sa mise à l’antenne. Mes missions étaient de l’ordre de l’organisation, de la coordination et du management. Même si je ne les utilisais pas tous directement, j’avais une bonne connaissance des outils métiers. Sinon, j’utilisais beaucoup la bureautique.

Qu’est-ce que vous faisiez “avant” que vous ne faites plus du tout aujourd’hui ?

  • Nathalie Venot : Le papier, avant tout. Le numérique l’a largement remplacé. Nous avions des armoires pleines de documents. Aujourd’hui, un simple espace de stockage suffit. Il n’est plus nécessaire d’imprimer ni d’archiver. J’envoie aussi moins de mails grâce aux nouveaux outils.
  • David Vincent : Auparavant, je travaillais souvent dans l’urgence. Aujourd’hui, la temporalité n’est plus du tout la même. Le
    rythme est celui de l’avancement des projets, lié au planning de chacun. Les échéances sont plus ou moins long terme. Avant, je remplissais quotidiennement des indicateurs sur Excel. Ça n’arrive plus aujourd’hui.

Le moment où vous vous êtes dit : “mon métier est en train de changer”, c’était quand et pourquoi ?

  • Nathalie Venot : En 25 ans, mon métier a évolué plusieurs fois. Parfois à cause du contexte, parfois à la suite de changements de poste. Aujourd’hui, nous vivons un tournant important avec l’intelligence artificielle. C’est un changement majeur.
  • David Vincent : Je ne me suis pas posé cette question en ces termes. J’ai plutôt eu le sentiment que c’était l’environnement autour de moi qui était en train de changer et que je devais essayer de m’y adapter. Mais je dirai que l’arrivée des chaînes de la TNT était un vrai marqueur.

Qu’est-ce qui a le plus transformé votre quotidien : les outils, le numérique, l’organisation ou le rythme de travail ?

  • Nathalie Venot : C’est un ensemble de facteurs. Le numérique et les outils ont profondément transformé notre façon de travailler. Chaque génération a connu sa révolution : mail, internet, et aujourd’hui l’IA. Ce sont des opportunités. Le télétravail a aussi changé l’organisation et l’équilibre de vie. Mais les relations humaines restent essentielles. Elles évoluent, mais restent au cœur du travail. Le management est aussi une étape marquante : accompagner, écouter, s’ouvrir à d’autres points de vue.
  • David Vincent : Plus concrètement, je dirai le numérique d’abord puis le télétravail avec le Covid. Je pense aussi que les relations humaines en entreprise ont également évolué dans le bon sens du terme.

Est-ce que vous avez eu l’impression de devoir réapprendre ou adapter votre métier au fil des années ? Comment cela s’est-il passé ?

  • Nathalie Venot : Oui, bien sûr. S’adapter est essentiel pour ne pas être dépassé. Cela permet de garder un esprit critique et d’être force de proposition. Chaque évolution des outils demande une adaptation. Il faut aussi suivre la stratégie de l’entreprise et les évolutions du marché. Nous sommes toujours au service de clients, internes ou externes. Il faut savoir repérer ces changements, même les plus discrets.
  • David Vincent : Les processus dépendent de la technique et la technique évolue en permanence. Donc les processus évoluent également. Il faut s’adapter et apprendre toujours de nouvelles méthodes. C’est d’autant plus vrai aujourd’hui en entreprise. J’ai donc dû m’adapter aux changements de mon métier, de mes métiers en ayant régulièrement recours à des formations.

Aujourd’hui, dans votre quotidien, vous sentez-vous encore dans le même métier ou dans un métier différent de vos débuts ?

  • Nathalie Venot : J’ai évolué dans la même entreprise, mais en changeant de métier. Je suis passée de l’informatique à un métier support. Malgré cela, certains fondamentaux restent : le travail en transversal, les réunions et les outils.
  • David Vincent : Avec l’arrivée de l’IA, nous sommes en train de prendre un nouveau tournant. Peut-être le plus impactant de ces dernières années.

Si vous parlez à quelqu’un qui débute aujourd’hui : qu’est-ce qu’il ne peut absolument pas imaginer de votre métier “d’avant” ?

  • Nathalie Venot : L’importance du papier et un environnement moins numérique. L’évolution des outils est ce qui marque le plus. Mais certains repères restent : la machine à café a évolué… et elle est toujours là.
  • David Vincent : Qu’auparavant, la télévision linéaire était le seul service audiovisuel proposé en plus des salles de cinéma. Que nous travaillions pour une seule chaîne de télévision et non pour plusieurs. Que les programmes étaient livrés sur des cassettes et non sous forme de fichiers. Et que l’on se devait d’être sur site du lundi au vendredi. Mais surtout, que le spectateur devait se plier aux usages dictés par la chaîne alors qu’aujourd’hui, les diffuseurs font tout pour répondre aux besoins de leurs utilisateurs.

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